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Association de reconstitution de la période 1180-1220 aux alentours de Nancy
 
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 L'inquisition(01)

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Lliane
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MessageSujet: L'inquisition(01)   Dim 22 Fév - 16:49

Racines de l'Inquisition

Évolution de la procédure judiciaire

À l'origine, le terme « inquisition » (du latin inquisitio, « enquête ») désigne une technique judiciaire. Elle est rendue possible par le renouveau juridique du XIIe siècle, qui réintroduit dans les législations des techniques de droit romain — même si la procédure elle-même est inconnue du droit romain.
Die Inquisition in Portugall, gravure de Jean David Zunner d'après Description de L'Univers, Contenant les Différents Systèmes de Monde, Les Cartes Générales & Particulières de la Géographie Ancienne & Moderne. par Alain Manesson Mallet, Frankfurt, 1685 (From the Dr. Nuno Carvalho de Sousa Private Collections - Lisbon)

Avant le XIIIe siècle, le droit canonique n'admet en effet que la procédure accusatoire : le juge instruit les plaintes ; la charge de la preuve lui revient. Apparaît ensuite la procédure dénonciatoire, fondée sur une simple dénonciation et non plus une plainte en bonne et due forme.

La procédure inquisitoire confère au juge l'initiative de la poursuite. Dans cette nouvelle forme de procédure, le juge peut lancer d'office une procédure sur la base de la fama publica (la « notoriété »). Soit il trouve des accusateurs précis par le biais d'une enquête, générale ou individuelle, soit il se charge lui-même d'administrer la preuve. L'ensemble de la procédure fait une large place à l'acte écrit, au témoignage et à l'aveu.

La procédure inquisitoire est utilisée d'abord à des fins de discipline ecclésiastique : répression de la simonie, contestations d'élections abbatiales, etc. Cependant, elle se déploie très vite dans le champ de la lutte contre les hérésies. La législation en la matière est ébauchée avec les décrets du IIe concile du Latran (1139). Le Concile de Tours (1163) de 1163, présidé par Alexandre II, autorise les princes toulousains et gascons, dans le cadre de la lutte contre les hérétiques, à recourir à la procédure inquisitoire. Elle est codifiée par une série de décrétales d'Innocent III (1198-1216), en particulier Licet Heli (1213), complétée par Per tuas litteras.

La lutte contre les hérétiques puise dans de nombreuses traditions pour se définir : parallèlement à la résurgence du droit romain, les traditions germaniques sont également utilisées. Ainsi, se fondant sur les punitions très dures de la loi carolingienne contre le sacrilège, Frédéric II choisit en 1224, dans le statut accordé à la ville de Catane, d'appliquer la peine du feu aux hérétiques de Lombardie. C'est la première décision systématique de ce genre.

S'agissant des peines, la papauté se borne à un travail de synthèse des législations civiles, c'est ce qu'on appelle souvent les « statuts du Saint-Siège » : Honorius III étend la décision de Frédéric II à toute l'Italie et en 1231, Grégoire IX la transforme en norme canonique.

Au début du XIIIe siècle, les évêques disposent donc d'une importante législation pour lutter contre l'hérésie, mais pas d'une institution spécialisée.

Évolution de la vision de l'hérésie [modifier]

Si l'Église avait connu une période de calme relatif après le IXe siècle, les hérésies connaissent un nouveau développement aux XIe siècle et XIIe siècles, le plus souvent en suivant les routes de pèlerinage. Des études locales[réf. souhaitée] ont en effet montré que les hérésies se répandent souvent par ce biais, par le bouche à oreille : les pèlerins discutent entre eux, et avec les villageois lors de leurs étapes, propageant ainsi des questions et des réponses en dehors du pouvoir régulateur de la paroisse.

Au haut Moyen Âge, l'hérétique est comme un lépreux qu'il faut éloigner du corps sain des fidèles par l'excommunication, puis par l'exil ou la confiscation des biens. Au bas Moyen Âge, l'hérésie constitue une rupture du lien social. Régine Pernoud écrit ainsi :

« Tout accident spirituel semble dans ce contexte plus grave qu'un accident physique. (…) Sous bien des rapports, l'Inquisition fut la réaction de défense d'une société pour laquelle, à tort ou à raison, la préservation de la foi semblait aussi importante que de nos jours celle de la santé physique[1]. »

Dans la bulle pontificale Vergentes in senium (25 mars 1199), Innocent III assimile même l’« aberration dans la foi » à un crime de lèse-majesté, concept romain redécouvert à cette époque par les autorités laïques.

Après la création de l'Inquisition, la définition de l'hérésie (pour laquelle elle deviendra progressivement le seul tribunal compétent) sera constamment élargie. Par opportunisme, on fait entrer dans le champ de l'hérésie des éléments de plus en plus divers : l'apostasie de juifs et musulmans convertis, ou encore la sorcellerie, laquelle leur est assignée formellement en 1261 par Jean XXII. Mais on appelle aussi hérétiques les schismatiques à l'occasion de la lutte contre Frédéric II ou, au XIVe siècle, du Grand Schisme d'Occident — ou encore ceux qui refusent de payer les dîmes. La frontière se brouille également entre indiscipline et hérésie : Jean XXII appelle l'Inquisition contre les Spirituels, dissidents de l'ordre des franciscains, puis les béguins.

Les prérogatives croissantes de l'Inquisition et l'allègement constant de la tutelle qui devrait s'exercer sur elle expliquent la toute-puissance de l'institution au XIIIe siècle : les inquisiteurs prennent l'habitude de travailler seuls, et sans rendre de comptes, augmentant ainsi le risque d'abus de pouvoir.
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Lliane
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MessageSujet: L'inquisition(02)   Dim 22 Fév - 16:49

Évolution de la procédure judiciaire

À l'origine, le terme « inquisition » (du latin inquisitio, « enquête ») désigne une technique judiciaire. Elle est rendue possible par le renouveau juridique du XIIe siècle, qui réintroduit dans les législations des techniques de droit romain — même si la procédure elle-même est inconnue du droit romain.
Die Inquisition in Portugall, gravure de Jean David Zunner d'après Description de L'Univers, Contenant les Différents Systèmes de Monde, Les Cartes Générales & Particulières de la Géographie Ancienne & Moderne. par Alain Manesson Mallet, Frankfurt, 1685 (From the Dr. Nuno Carvalho de Sousa Private Collections - Lisbon)

Avant le XIIIe siècle, le droit canonique n'admet en effet que la procédure accusatoire : le juge instruit les plaintes ; la charge de la preuve lui revient. Apparaît ensuite la procédure dénonciatoire, fondée sur une simple dénonciation et non plus une plainte en bonne et due forme.

La procédure inquisitoire confère au juge l'initiative de la poursuite. Dans cette nouvelle forme de procédure, le juge peut lancer d'office une procédure sur la base de la fama publica (la « notoriété »). Soit il trouve des accusateurs précis par le biais d'une enquête, générale ou individuelle, soit il se charge lui-même d'administrer la preuve. L'ensemble de la procédure fait une large place à l'acte écrit, au témoignage et à l'aveu.

La procédure inquisitoire est utilisée d'abord à des fins de discipline ecclésiastique : répression de la simonie, contestations d'élections abbatiales, etc. Cependant, elle se déploie très vite dans le champ de la lutte contre les hérésies. La législation en la matière est ébauchée avec les décrets du IIe concile du Latran (1139). Le Concile de Tours (1163) de 1163, présidé par Alexandre II, autorise les princes toulousains et gascons, dans le cadre de la lutte contre les hérétiques, à recourir à la procédure inquisitoire. Elle est codifiée par une série de décrétales d'Innocent III (1198-1216), en particulier Licet Heli (1213), complétée par Per tuas litteras.

La lutte contre les hérétiques puise dans de nombreuses traditions pour se définir : parallèlement à la résurgence du droit romain, les traditions germaniques sont également utilisées. Ainsi, se fondant sur les punitions très dures de la loi carolingienne contre le sacrilège, Frédéric II choisit en 1224, dans le statut accordé à la ville de Catane, d'appliquer la peine du feu aux hérétiques de Lombardie. C'est la première décision systématique de ce genre.

S'agissant des peines, la papauté se borne à un travail de synthèse des législations civiles, c'est ce qu'on appelle souvent les « statuts du Saint-Siège » : Honorius III étend la décision de Frédéric II à toute l'Italie et en 1231, Grégoire IX la transforme en norme canonique.

Au début du XIIIe siècle, les évêques disposent donc d'une importante législation pour lutter contre l'hérésie, mais pas d'une institution spécialisée.

Évolution de la vision de l'hérésie [modifier]

Si l'Église avait connu une période de calme relatif après le IXe siècle, les hérésies connaissent un nouveau développement aux XIe siècle et XIIe siècles, le plus souvent en suivant les routes de pèlerinage. Des études locales[réf. souhaitée] ont en effet montré que les hérésies se répandent souvent par ce biais, par le bouche à oreille : les pèlerins discutent entre eux, et avec les villageois lors de leurs étapes, propageant ainsi des questions et des réponses en dehors du pouvoir régulateur de la paroisse.

Au haut Moyen Âge, l'hérétique est comme un lépreux qu'il faut éloigner du corps sain des fidèles par l'excommunication, puis par l'exil ou la confiscation des biens. Au bas Moyen Âge, l'hérésie constitue une rupture du lien social. Régine Pernoud écrit ainsi :

« Tout accident spirituel semble dans ce contexte plus grave qu'un accident physique. (…) Sous bien des rapports, l'Inquisition fut la réaction de défense d'une société pour laquelle, à tort ou à raison, la préservation de la foi semblait aussi importante que de nos jours celle de la santé physique[1]. »

Dans la bulle pontificale Vergentes in senium (25 mars 1199), Innocent III assimile même l’« aberration dans la foi » à un crime de lèse-majesté, concept romain redécouvert à cette époque par les autorités laïques.

Après la création de l'Inquisition, la définition de l'hérésie (pour laquelle elle deviendra progressivement le seul tribunal compétent) sera constamment élargie. Par opportunisme, on fait entrer dans le champ de l'hérésie des éléments de plus en plus divers : l'apostasie de juifs et musulmans convertis, ou encore la sorcellerie, laquelle leur est assignée formellement en 1261 par Jean XXII. Mais on appelle aussi hérétiques les schismatiques à l'occasion de la lutte contre Frédéric II ou, au XIVe siècle, du Grand Schisme d'Occident — ou encore ceux qui refusent de payer les dîmes. La frontière se brouille également entre indiscipline et hérésie : Jean XXII appelle l'Inquisition contre les Spirituels, dissidents de l'ordre des franciscains, puis les béguins.

Les prérogatives croissantes de l'Inquisition et l'allègement constant de la tutelle qui devrait s'exercer sur elle expliquent la toute-puissance de l'institution au XIIIe siècle : les inquisiteurs prennent l'habitude de travailler seuls, et sans rendre de comptes, augmentant ainsi le risque d'abus de pouvoir.
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MessageSujet: L'Inquisition(03)   Dim 22 Fév - 16:51

Le fonctionnement de l'Inquisition relève à la fois du domaine du droit et de celui de la religion.

Inquisiteur, Juge d'exception
Tomás de Torquemada, Premier Grand Inquisiteur d'Espagne

Pour le fonctionnement du droit canonique, les procès et jugements dans l'Église relèvent d'un tribunal ecclésiastique, administré sous l'autorité de l'ordinaire du lieu, le plus souvent l'évêque. Rome n'intervient qu'en deuxième ligne, à la fois comme autorité d'appel, et comme garant du bon fonctionnement de l'ensemble.

Quand cette organisation locale se révèle insuffisante ou inadaptée pour défendre les besoins de la foi, le pape peut décider de créer une fonction d’inquisiteur. C'est un représentant à qui le pape délègue son autorité, pour juger toutes les questions relatives à la foi dans une région donnée. C'est une juridiction « d'exception », ce qui signifie que lorsque cette juridiction existe, elle est seule compétente pour juger de l'orthodoxie d'une cause qui lui est soumise. L'inquisiteur est donc essentiellement le représentant du pape, et hérite de son autorité.

Ils étaient choisis généralement parmi les franciscains ou les dominicains. Les inquisiteurs réguliers vivaient en marge de la vie conventuelle, et pour accomplir leur mission ils étaient relevés de leurs vœux d'obéissance envers leurs supérieurs [réf. souhaitée].

Aspects administratifs [modifier]

L'organisation que met en place l'inquisiteur pour réaliser sa mission de jugement — donc un tribunal — est l'Inquisition, au sens administratif du terme. Le tribunal inquisitoire possédait le plus souvent un siège fixe (où étaient notamment conservées les archives très fournies[réf. souhaitée]), mais pas nécessairement : des inquisiteurs ont été itinérants. Les inquisiteurs étaient assistés d'un personnel nombreux : clercs, tels les notaires, greffiers, geôliers, etc.

Au début de l'Inquisition, les inquisiteurs travaillaient par deux, avec des compétences égales. Par la suite, la charge d'une région fut confiée à un inquisiteur unique.
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MessageSujet: L'inquisition(procédures)   Dim 22 Fév - 16:52

Procédure inquisitoire

Une juridiction d'Inquisition tire son nom de sa capacité à avoir recours à la procédure inquisitoire, procédure extraordinaire (et inconnue du droit romain). Un tribunal classique ne peut pas se saisir spontanément d'une cause: il ne peut intervenir que pour répondre à une plainte (droit civil) ou une dénonciation (droit pénal). Au contraire, un tribunal d'Inquisition peut examiner d'office (au sens littéral: de par sa mission même, son office) toute question dans son domaine de compétence, sans avoir besoin d'être saisi par un tiers. Ce pouvoir a été attribué pour permettre d'examiner rapidement et efficacement tout ce qui pouvait être soupçonné d'hérésie.

Le pouvoir inquisitoire est un pouvoir exorbitant, susceptible d'être employé abusivement, et — de ce fait — habituellement refusé aux juridictions classiques. Il faut comprendre à quel point ce pouvoir est extraordinaire : Napoléon Ier disait du juge d'instruction qu'il était « l'homme le plus puissant de France », par sa liberté d'action, mais il ne pouvait intervenir que sur commission. L'inquisiteur cumulait les pouvoirs d'un juge d'instruction, d'un procureur, et avait la faculté de s'auto-saisir d'une affaire.

Procédure pénale

Parler de la « procédure pénale de l'Inquisition » introduit une catégorie peu légitime : la procédure pénale employée par les juridictions d'Inquisition était essentiellement celle de l'époque, avec peu de spécificité réelle. Les procédures qui apparaissent aujourd'hui scandaleuses étaient globalement normales pour l'époque : en regard de ce que connaît le droit moderne, les garanties de procédure et les dispositions qui assurent aujourd'hui la protection de l'inculpé étaient alors extrêmement rudimentaires, quelle que soit la juridiction. Cependant, on peut souligner que les juridictions d'Inquisition ont globalement été progressistes, par rapport à ce qui se pratiquait à l'époque dans les procédures équivalentes de l'autorité civile.

Cette procédure est issue de la redécouverte du droit romain. La procédure était codifiée par des documents généraux (voir les décrétales citées dans les sources latines), et par des instructions d'application promulguées par les inquisiteurs pour les procédures de leur ressort. La procédure était entièrement écrite, un notaire transcrivait tous les débats. L'ensemble de la procédure se déroulait sous le contrôle de l'évêque du lieu, qui recevait copie de tous les documents. Les actes de la procédure étaient normalement rédigés en latin, langue officielle de l'Église, mais les interrogatoires étaient naturellement faits en langue vernaculaire.

L'accusé pouvait récuser un juge, ou faire appel à Rome. En cas d'appel à Rome, l'ensemble des documents était envoyé sous scellés, et la cause était examinée et jugée à Rome sur les pièces recueillies.

La procédure de l'Inquisition a varié dans le temps, et selon les régions, mais ses grandes lignes sont données ci-après.

Procédure type de l'Inquisition [modifier]
Michael Pacher, Saint Wolfgang et le Démon

Décret de grâce [modifier]

L'enquête générale était proclamée dans une région entière. Quand l'Inquisition procédait par secteur géographique, l'ouverture d'une enquête de l'Inquisition dans un secteur hérétique donné prenait généralement la forme d'une prédication générale, où l'inquisiteur exposait la doctrine de l'Église et réfutait les thèses de l'hérésie. Il publiait ensuite un décret de grâce et un édit de foi, convoquant tous les habitants devant l'inquisiteur.

Pendant une durée fixée par le décret de grâce (typiquement de 15 à 30 jours), ceux qui se présentaient en temps et en heure et confessaient spontanément leurs fautes se voyaient imposer une pénitence religieuse (typiquement un pèlerinage), mais échappaient aux sanctions du pouvoir civil. Inversement, l'édit de foi donnait obligation de dénoncer les pratiques hérétiques.

Ces premiers aveux spontanés, qui devaient être complets, permettaient également par leur témoignage d'identifier des hérétiques qui ne s'étaient pas présentés. Le délai accordé par le décret de grâce permettait également de mener des enquêtes locales et, le cas échéant, de récolter des délations.

Les fidèles suspectés d'hérésie qui ne s'étaient pas présentés pendant le délai de grâce faisaient l'objet d'une citation individuelle.
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MessageSujet: Citations et Témoignages   Dim 22 Fév - 16:53

Citation individuelle

La citation individuelle se faisait le plus souvent par le biais du curé. Ceux qui refusaient de comparaître se trouvaient excommuniés.

Un suspect devait jurer (sur les quatre évangiles) de révéler tout ce qu'il savait sur l'hérésie. Si le suspect reconnaissait immédiatement et librement ses erreurs, il se voyait infliger des pénitences comme précédemment, et les peines éventuelles étaient légères.

Le serment était une arme redoutable entre les mains de l'inquisiteur. De nombreuses sectes proscrivaient le serment, et la violation ou le refus du serment était donc un indice sérieux d'hérésie. D'autre part, la sanction contre les parjures était la prison à vie, très dissuasive.

Les peines sérieuses ne concernaient que ceux qui refusaient de reconnaître leur erreur, même après avoir juré de dire la vérité, et malgré des témoignages permettant de douter sérieusement de leur sincérité. Pour ceux-là, la procédure inquisitoire s'engageait réellement.

Le décès de l'accusé ne suspendait pas la procédure : si le mort était coupable d'hérésie, cette erreur devait être reconnue par un jugement.

Même en l'absence d'aveux, le suspect n'était pas nécessairement emprisonné. Il pouvait rester en liberté sur parole, sur caution, ou présenter des personnes se portant garantes de sa comparution devant l'inquisiteur. L'incarcération pouvait être utilisée, mais le plus souvent ne s'étendait pas à toute la durée de la procédure.

Témoignages et défense

Scène d'Inquisition par Francisco Goya

Des protections étaient accordées aux accusés, comme aux témoins. Ainsi l'identité des témoins à charge était tenue secrète, pratique courante de l'époque. Dans cette même logique, les notions de confrontation de témoin et de contre-interrogatoire étaient inconnues. En revanche, dans les tribunaux de l'Inquisition, les accusés étaient autorisés à fournir une liste des personnes susceptibles de leur en vouloir, lesquelles étaient alors récusées comme témoins.

Les tribunaux de l'époque n'acceptaient pas de témoignages d'origine douteuse : voleurs, prostituées, personnes de mauvaise vie, mais également hérétiques et excommuniés. Très rapidement, les tribunaux d'Inquisition se démarquent de cette règle, en ce qui concerne le témoignage d'hérétiques, pour des raisons pratiques évidentes : les activités hérétiques étaient généralement cachées, les témoignages correspondants ne pouvaient guère provenir que des hérétiques eux-mêmes. Cette pratique est officialisée en 1261 par Alexandre IV.

L'accusé bénéficiait d'une protection générale certaine dans la manière dont on punissait le faux témoignage : les témoignages étaient obtenus sous serment, et le crime de parjure était sévèrement sanctionné par la réclusion à vie.

L'accusé a généralement le droit à un défenseur, mais ce droit était le plus souvent théorique dans le cas de l'Inquisition, faute de volontaire. Les avocats d'hérétiques risquaient d'être eux-mêmes accusés de complaisance avec l'hérésie poursuivie. Pour la même raison, les accusés traduits devant un tribunal d'Inquisition ne bénéficiaient généralement pas de la présence de témoins à décharge.émoignages
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MessageSujet: Questions et tortures   Dim 22 Fév - 16:54

Question et torture

Diverses manières dont le Saint Office fait donner la question, par le graveur protestant Bernard Picart (1673-1733) (Madrid, Biblioteca National).

La procédure inquisitoriale accorde une grande importance à l'aveu de l'accusé. En effet, juridiction religieuse, l'inquisition se préoccupe du rachat des âmes donc souhaite obtenir le repentir des accusés. Toute une procédure est alors mise en place pour obtenir leur témoignage. Pour aider les clercs à procéder aux interrogatoires, des manuels de l'inquisiteur sont rédigés dont les plus célèbres sont le Manuel de l'inquisiteur de Bernard Gui, le manuel d'Eymerich, et le manuel de Toquemada[2]. On y indique la procédure, les questions à poser, les pressions morales et les pressions physiques que l'on peut y faire subir. L'inquisiteur doit extraire la vérité éventuellement « par la ruse et la sagacité »[3]. Parmi les pressions physiques, on peut citer la réclusion qui, selon Bernard Gui, « ouvre l'esprit », ainsi que la privation de nourriture et la torture. Mais une des particularités de l'instruction inquisitoriale est le secret : l'accusé et ses proches ne connaissent aucun des chefs d'inculpation et la défense se fait donc à l'aveugle[4].

Fréquence de l'usage de la torture

La fréquence de l'usage de la torture, majoritairement reconnue durant les siècles précédents comme faisant quasi systématiquement partie de la procédure inquisitoriale, est remise en cause par les historiens contemporains.

D'abord, ils rappellent que la pratique de la torture (ou « question », du latin quæstio) était à l'époque utilisée aussi dans les tribunaux séculiers[5], sauf par exemple en Aragon[6], et n'était donc pas l'apanage de l'Inquisition[7].

Ensuite, ils revoient à la baisse les anciennes estimations. Ainsi, Bennassar évalue entre 7 et 10 % le nombre de prisonniers de l'Inquisition espagnole ayant subi ces supplices[8] et précise que « l'usage de la torture n'a jamais été la règle pour l'Inquisition et peut même apparaître, à certaines époques, comme l'exception »[9].

Trait singulier de la torture sous l'inquisiton, la noblesse ne bénéficiait pas de privilège particulier comme cela était le cas auprès des autres tribunaux [10].

Cependant, l'usage de la torture en particulier, et le nombre de victimes de l'inquisition en général, reste difficilement quantifiable car la plupart des données statistiques concernant la période avant 1560 ont disparu[11]. Les aveux obtenus sous la torture n'étant pas recevables, cette partie de la procédure ne faisait généralement pas l'objet d'un enregistrement écrit, et les archives des procès sont le plus souvent muettes ou au mieux allusives sur ce sujet. On trouve ainsi dans les minutes des interrogatoires de courtes phrases du type, confessionem esse veram, non factam vi tormentorum, qui à la fois évoque l'hypothèse d'une torture, et nie que l'aveu noté en ait été l'effet (« l'aveu est spontané, non fait sous la force de la douleur »). Les notations explicites postquam depositus fuit de tormento (« après son retour de la torture ») sont rarissimes.

Limites de la torture

Bartolomé Bennassar, parlant de l'Inquisition espagnole, rappelle que la pratique de la torture y est très codifiée[12]. Trois tortures sont préconisées : l'eau, la poutre et le feu[13].

Bennassar considère pour preuve que la torture fut appliquée avec modération le fait que nombreux sont ceux qui y résistèrent[14]. De même, Laurent Albaret considère qu'au XIIe siècle, « la pratique de la torture (…) est modérée et le personnel inquisitorial sincèrement peu convaincu de ses résultats »[15].

L'usage de la torture posait un problème moral pour les inquisiteurs, qui, en tant que clercs, n'avaient pas le droit de verser le sang. Après un flou juridique initial, cette pratique est officiellement autorisée pour l'Inquisition en 1252 (bulle Ad extirpenda), sous réserve de ne conduire ni à la mutilation ni à la mort. De plus, il a souvent été exigé par le pape qu'elle ne puisse être donnée qu'avec le consentement de l'évêque du lieu. Dans cette bulle, l'accusé bénéficie de deux protections : la question ne peut être donnée qu'une fois, et les aveux doivent être répétés librement pour être recevables.

Une autre source disponible permettant de se faire une idée sur l'usage de la torture dans les procès de l'Inquisition sont les manuels et instructions des inquisiteurs. Dans les manuels, l'interdiction de soumettre plusieurs fois à la question semble ne pas avoir été prise au sérieux : des arguments formels permettaient de justifier que cette interdiction est formellement respectée, tout en la laissant sans effet. La question était par exemple considérée comme formée de plusieurs étapes, la fin d'une étape n'impliquant pas la suspension de toute la procédure. Un autre argument a été que la découverte de nouvelles charges justifiait à nouveau l'usage de la question spécifiquement contre cette charge. Enfin, l'interdiction ne concernait que l'accusé par rapport à son chef d'accusation, pas le cas des témoignages obtenus de la part d'autres témoins.

Selon Nicolas Eymerich, inquisiteur général d'Aragon, la torture n'était toutefois pas un moyen fiable et efficace d'obtenir la vérité (quæstiones sunt fallaces et inefficaces)[16] car il estimait que, non seulement la capacité de résistance variait considérablement d'un individu à l'autre, mais aussi que certains accusés usaient de sorcellerie pour devenir insensibles à la douleur, voire préféraient mourir que de confesser[17]. En 1561, l'inquisiteur général Fernando de Valdés Salas fit preuve du même scepticisme[18]. Néanmoins, il a été relevé de nombreux cas d'abus[19] ; un des pires exemples, loin d'être un cas isolé, fut sans doute celui de Diego Rodriguez Lucero, inquisiteur de Cordoue de 1499 à 1508, date à laquelle il a finalement été relevé de ses fonctions[20].
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MessageSujet: Avis du Jury,peines et pénitences,appel   Dim 22 Fév - 16:57

Avis d'un jury

Dans les cas difficiles, le tribunal devait entendre l'avis d'un collège de boni viri, conseil formé de trente à une centaine d'hommes de mœurs, de foi et de jugement confirmés. Ce conseil est imposé et confirmé par les instructions du pape à partir de 1254. Son rôle ira croissant dans l'Inquisition, et sera étendu à d'autres juridictions pour finalement être à l'origine du jury moderne.

Après qu'ils ont prêté serment de s'exprimer en conscience, l'ensemble des actes du procès leur était transmis, mais de manière anonyme, censuré du nom de la personne accusée. Ils transmettaient deux avis à l'inquisiteur: sur la nature de la faute constatée, et sur la nature de la sanction opportune.

L'inquisiteur reste souverain et responsable de sa sentence, mais l'avis de ce conseil était le plus souvent suivi, et quand il ne l'était pas, c'était pour amoindrir les sanctions proposées.

Prononcé du jugement [modifier]
Le Pape et l'inquisiteur, peinture de Jean-Paul Laurens

Les sentences de l'Inquisition étaient prononcées dans une cérémonie officielle, en présence des autorités civiles et religieuses. Cette cérémonie — une liturgie dans le sens antique du terme — avait pour fonction de marquer symboliquement la restauration de l'équilibre social et religieux qui avait été rompu par l'hérésie. C'était donc un acte de foi public, ce qui est la signification exacte du terme portugais « auto da fé ».

Un jour ou deux avant le prononcé, les inculpés se voyaient lire à nouveau les charges retenues contre eux (traduites en langue vernaculaire), et étaient convoqués pour entendre le verdict de l'inquisiteur, avec les autorités du lieu et le reste de la population.

La cérémonie s'ouvrait tôt le matin, par un sermon de l'inquisiteur, d'où son autre nom de « sermon général ». Les autorités civiles prêtaient ensuite serment de fidélité à l'Église, et s'engageaient à prêter leur assistance dans sa lutte contre l'hérésie.

La lecture des verdicts venait ensuite, en commençant par les « actes de clémence » : remises de peines ou commutations. Les pénitences de toutes nature (dons, pèlerinages, mortifications, etc.) suivaient ensuite. Venaient enfin les sanctions proprement dites, jusqu'aux plus sévères qu'étaient l'emprisonnement à vie ou la peine de mort. Les condamnés étaient alors remis au bras séculier par une formule solennelle : Cum ecclesia ultra non habeat quod faciat pro suis demeritis contra ipsum, idcirco, eundum reliquimus brachio et judicio saeculari (« Puisque l’Église n’a plus à présent à accomplir son rôle contre ceux-ci, pour cette raison, nous les laissons au bras séculier et à sa justice »). Sur ce, la cérémonie s'achevait. L'inquisiteur avait achevé son rôle, l'Église s'était prononcée sur l'hérésie.

Chacun pouvait alors rentrer chez soi avec sa bonne conscience retrouvée — sauf bien sûr les coupables de crimes contre la société, à qui le « bras séculier » allait faire subir leurs peines. Contrairement aux pénitences religieuses, ces peines étaient en effet définies par le pouvoir temporel. Elles sanctionnaient les crimes commis contre la foi et l'Église, toutes deux officiellement protégées par l'État.

Peines et pénitences
Pénitents se flagellant

Le tribunal inquisitoire n'infligeait pas de peines à proprement parler, mais des « pénitences ». Les moins graves étaient appelées « pénitences arbitraires ». C'était la flagellation publique au cours de la messe, les visites aux églises, les pèlerinages, l'entretien d'un pauvre, le port de la croix sur les vêtements, etc.

La pénitence était souvent réduite par la suite. Les archives de l'Inquisition montrent de nombreux exemples de pénitences atténuées ou levées pour des motifs variés, parfois sur simple demande. On cite ainsi le cas d'un fils obtenant la libération de son père en faisant simplement appel à la clémence de l'inquisiteur, d'autres sont libérés pour assister leurs parents malades « jusqu'à leur guérison ou leur mort ».

Mais l'Inquisition condamne aussi à des peines économiques et sociales. La confiscation des biens lui permet de bénéficier de subsides lui permettant de fonctionner. L'Inquisition espagnole condamne aussi à l'ostracisme par le biais du port du sanbenito ou par l'exposition de celui-ci avec le nom du condamné dans les églises. La peine de l'inhabileté conduisait aussi à la ruine et la misère celui qui en était frappé .

En revanche, les hérétiques qui ne s'étaient pas présentés dans les délais de grâce, ou ceux qui étaient retombés dans l'hérésie, encouraient la prison à vie. La prison connaissait deux modes possibles : le « mur large », comparable à une résidence surveillée, et le « mur étroit », réclusion solitaire. Le mur étroit pouvait être aggravé en carcer strictissimus, le condamné mis au cachot (communément appelé un in pace) étant attaché par des chaînes, et privé de tout contact.

Le relaps, ou l'obstiné qui refusait d'avouer son crime (qui devait par ailleurs avoir été démontré), était abandonné à l'autorité séculière, et la peine de son crime était souvent l'incarcération ou le bûcher. En toute rigueur, la peine la plus sévère que prononçait l'Église était l'excommunication. Les condamnations à mort étaient prononcées en fonction de la loi civile et exécutées par les autorités séculières. Il faut dire, cependant, qu'il n'y avait pas de séparation nette entre les domaines civils et religieux : les autorités civiles étaient elles-mêmes tenues d'apporter leur concours sous peine d'excommunication.

L'appel

Dans certaines circonstances, en particulier en cas de faute lors du déroulement de la procédure, l'accusé peut faire appel au pape. En pratique, cette possibilité est rarement offerte. Bernard Gui précise que l'inquisiteur passe outre à tout privilège d'exemption et à l'appel. À Valence en 1494, ce droit à l'appel est dénié à ceux condamnés pour hérésie. Au XVIe siècle, l'appel au pape et au parlement se généralise et permet de bloquer la procédure tant que la plainte n'a pas été analysée
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MessageSujet: Victimes,Problèmes de jugementss,dire vérité du Dogme..   Dim 22 Fév - 17:01

Victimes de l'inquisition

Le nombre de personnes abandonnées à la justice civile et livrées au bûcher est difficile à évaluer. La mémoire collective est marquée par les exécutions massives de Montségur,, Vérone ou du Mont-Aiméet par la répétition des bûchers à certaines périodes de l'Inquisition espagnole.

Les registres des procès ont partiellement disparu et les historiens sont amenés à évaluer le bilan humain seulement à partir de documents partiels. Ce principe d'évaluation conduit à des résultats extrêmement variables, de 400 victimes à 12 millions. Juan Antonio Llorente dans son étude Histoire critique de l'Inquisition d'Espagne depuis l'époque de son établissement par Ferdinand V, jusqu'au règne de Ferdinand VII, en 1818, estime à environ 30 000 condamnations à mort physique (et 15 000 par effigie) durant les trois siècles de l'Inquisition espagnole de 1481 à 1781 (date de la dernière exécution) dont 8 800 pour la période de Torquemada. Cependant les historiens contemporains trouvent cette évaluation grandement exagérée et la désignent comme un instrument de la légende noire au XIXe siècle.

Les quelques études menées pour le XIIIe siècle donnent une proportion de condamnations au bûcher inférieure à 10 % des peines. D'après Patrick Henriet, « Il ne fait aucun doute qu'au XIIIe siècle, comme encore par la suite, la justice inquisitoriale s'est montrée beaucoup moins expéditive que celle des cours civiles ». Bartalomé Bennassar pointe la grande variabilité en nombre de ces condamnations selon les périodes (rigoureuses ou plus calme). Il évalue ainsi à 40 % des personnes jugées celles montant sur le bûcher lors de la période la plus terrible de l'inquisition espagnole (fin du XVe siècle), pour tomber à 1 % dans la seconde moitié du XVIIe siècle.

Au temps de l'inquisition triomphante, on posa en 1524 à Séville une plaque commémorative donnant un bilan des quarante premières années de l'inquisition espagnole, supposées les plus terribles :

« L'an du Seigneur 1481 […] a commencé en ce lieu le Saint Office de l'Inquisition contre les hérétiques judaïsants, pour l'exaltation de la foi. Par lui, depuis l'expulsion des juifs et des Sarrasins jusqu'en l'année 1524 […] plus de vingt mille hérétiques ont abjuré leurs criminelles erreurs, et plus de mille obstinés dans l'hérésie ont été livrés aux flammes, après avoir été jugés conformément au droit […] ».

D'après Henri-Dominique Lacordaire, « l'inquisition est un progrès véritable comparée à tout ce qui avait eu lieu dans le passé. À la place d'un tribunal sans droit de grâce, assujetti à la lettre inexorable de la loi, on avait un tribunal flexible duquel on pouvait exiger le pardon par le repentir, et qui ne renvoya jamais au bras séculier que l'immense minorité des accusés. L'inquisition a sauvé des milliers d'hommes qui eussent péri par les tribunaux ordinaires ».

En mars 2000, l'Église catholique a offert sa repentance officielle contre, notamment, les excès de l'Inquisition, et a lancé en 1998 une étude sur l'Inquisition qui a donné lieu à la publication d'un document de 800 pages recensant les dommages causés par celle-ci et dans lequel Jean-Paul II manifestait le repentir de l’Église romaine (voir détails et références dans Chronologie Période contemporaine).

Problème du jugement d'opinion
Destruction par le feu de livres (autodafé) condamnés par l'Inquisition.

Liberté de conscience

Pour la doctrine catholique, à la suite de la Bible, qui affirme « Dieu ne veut pas la mort du pécheur, mais qu'il se convertisse » (Ez 33:11, 2P 3:9, prologue de la règle de St Benoît), la position de l'Église est qu'il faut tuer l'hérésie, mais non les hérétiques.

À l'époque même où la première Inquisition est fondée, Bernard de Clairvaux formule que « la foi doit être persuadée, non imposée ».

Dominique de Guzmán, de son côté, fonde son ordre des prêcheurs pour réduire l'hérésie albigeoise par la prédication et l'exemple d'une vie mendiante, se démarquant de la croisade guerrière menée à la même époque sous Innocent III — la solide formation dogmatique des Dominicains leur vaudra ultérieurement de fournir bon nombre d'inquisiteurs. Dans sa lignée, Thomas d'Aquin, futur docteur de l'Église, affirme clairement, dans la Somme Théologique, que la liberté de conscience est absolue : pour lui, si un chrétien voit un conflit entre le dogme et sa conscience, il doit suivre sa conscience et non le dogme.

Dire la vérité du dogme

Même si la conscience est libre, cette liberté ne se comprend que par rapport à deux devoirs dans la pensée catholique :

* Le devoir moral de chaque individu de chercher la vérité et de vivre en conséquence;
* Le devoir institutionnel de l'Église d'annoncer et de défendre ce qu'elle perçoit de la Vérité, c'est-à-dire typiquement le dogme.

Un tribunal d'Inquisition, par lui-même, ne fait que se prononcer sur l'orthodoxie du cas qui lui est soumis. Un tel jugement est un devoir institutionnel et ne pose aucun problème moral. Le drame de l'Inquisition n'est pas d'examiner l'orthodoxie d'une cause ; il commence quand l'Église accepte que la conséquence de son jugement soit liée à une sanction pénale du pouvoir temporel.

Atteinte à l'ordre social
Les habitants de Carcassonne expulsés de la cité en 1209

Pour la société médiévale, le christianisme fait partie de l'ordre social, et l'ordre social se fonde sur la religion.

* Dans cette organisation, sur le plan religieux, une hérésie constitue nécessairement une rupture de l'ordre social. Inversement, sur le plan politique, la seule manière de contester l'ordre établi est d'entrer en rupture (schisme) avec la religion institutionnelle.
* Il est normal que le pouvoir temporel défende d'une manière ou d'une autre l'ordre social, en sanctionnant au besoin ce qui le met en danger (même si la défense est délicate, et doit s'exercer avec prudence, pour ne pas tomber dans un immobilisme réactionnaire).
* Dans la mesure où l'hérésie met en danger la société, elle doit être combattue par le pouvoir temporel. Mais dans la mesure où l'hérésie s'exprime dans le domaine de la foi, elle doit être jugée par une autorité religieuse.

Par conséquent, les tribunaux religieux se mettent à juger des fauteurs de troubles sociaux. Ce partage des rôles est acté dans l’arrangement de Vérone (1148) entre le Pape et l'Empereur : les hérétiques doivent être jugés par l'église avant d'être remis au bras séculier, pour y subir « la peine due » (debita animadversione puniendus).

Inquisition et pouvoir [modifier]

« L'histoire de l'Inquisition est l'illustration du drame qui menace les hommes chaque fois qu'une liaison organique s'établit entre l'État et l’Église », a écrit l'historien et professeur Bartolomé Bennassar.

Le fonctionnement même de l'inquisition (promulgation d'édit obligeant à la dénonciation, tenue et conservation de registres sur toutes les dénonciations, procédure soumise au secret) en fait une formidable outil de répression[40] dont le pouvoir religieux et royal usera.

Selon les époques, l'Inquisition servira ou s'opposera au pouvoir politique. En France, l'inquisition médiévale, dans ses débuts, est principalement au service du pape qui tente de rasseoir son autorité et de lutter contre les hérésies et le roi s'opposera parfois à la rigueur de la répression. Mais, dès la fin du XIIIe et jusqu'au XVe siècle, les souverains sollicitèrent le pouvoir inquisitorial pour se débarrasser des individus devenus gênant pour les puissants. Au XIVe siècle, le pape réagit à certaines dérives sur l'autonomie laissée à l'inquisition en exigeant la collaboration entre inquisiteurs et évêques. Le droit absolu de l'inquisiteur est remis en question. Mais les juridictions civiles fragilisent aussi peu à peu la puissance d'un tel tribunal. À Toulouse, en 1331, un commissaire du roi assimile l'inquisition à une juridiction royale, en 1412, l'inquisiteur de Toulouse est arrêté sur l'ordre du roi. En Dauphiné, le tribunal est progressivement subordonné au Parlement de Grenoble.

En Espagne, l'inquisition est sous l'autorité du roi. C'est lui qui désigne les inquisiteurs. Le pape n'aura que très peu d'influence sur l'inquisition espagnole et face à l'intransigeance d'un Torquemada, il ne peut qu'élever une protestation. Instrument du pouvoir, elle est d'abord une force d'unification dans l'Espagne après la Reconquista. Elle se met ensuite au service du pouvoir devenant une arme contre les fueros. Elle sert à lutter contre les ennemis du pouvoir (parti navarrais, Antonio Pérez, répression des émeutes de 1591, répression de la révolution de 1640 en Catalogne, prise de parti dans la guerre de succession d'Espagne). Elle fournit, pas ses condamnations, de la main d'œuvre pour les galères et se plie aux aléas de la politique (indulgence envers les hérétiques anglais en 1604 lors de la construction de la paix). Elle sert aussi de police politique en contrôlant les étrangers . Elle devient peu à peu une force réactionnaire contre les changements au sein de l'Espagne dont la puissance perdurera jusqu'en 1808.
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MessageSujet: Image inquisition,instruments politiques et sociaux...   Dim 22 Fév - 17:04

L'image de l'Inquisition

Importance de l'imaginaire et représentations collectives

Dans l'inconscient collectif, le mot « Inquisition » renvoie aux hérétiques jetés sur la paille humide des cachots, au grésillement de la chair sous la morsure du fer rouge, à un inquisiteur illuminé envoyant son prochain à la mort pour « la plus grande gloire de Dieu », aux flammes d'un bûcher dressé sous un ciel d'orage, d'où l'innocent condamné lance une dernière malédiction..

De fait, l'Inquisition présente un double aspect. C'est d'une part un phénomène historique, objet d'études académiques et d'investigations objectives. Mais d'autre part, l'engouement et la fascination pour le thème de l'Inquisition en fait aussi un phénomène social, qui se nourrit d'une image qui n'est pas nécessairement fidèle.

Quand la critique académique se penche sur ce qu'a été la réalité historique, ses conclusions tendent à être prudentes, et à relativiser l'image populaire. Que le résultat soit différent de l'image traditionnelle est prévisible, mais pourquoi cet écart apparaît-il ?

Pour comprendre ce phénomène, il faut d'abord se pencher sur cette mythologie de l'Inquisition, sur sa genèse, ainsi que sur les faits qui ont pu la fonder. Comprendre comment elle s'est formée est un sujet dont l'étude[46] est relativement tardive (fin XXe siècle), et fait débat.

Instrumentalisation politique et sociale de l'Inquisition

L'Inquisition espagnole fut établie au XVe siècle en Espagne. Les Pays-Bas étant alors possession du roi d'Espagne. En 1522, Charles Ier d'Espagne étend le champ d'action de l'Inquisition à la Hollande. Ce fut le principal point de contact entre l'Inquisition et la réforme, qui prend son ampleur au XVIe siècle. Cette Inquisition hollandaise fit son travail : elle réprima ce qu'elle considérait comme une hérésie, mais dans un fonctionnement particulièrement dur, de l'aveu même du roi Philippe II.

Les victimes de cette répression religieuse furent considérées comme des martyrs de la Réforme, et la répression elle-même alimenta certainement le rejet par les Hollandais du régime espagnol, obtenu après près d'un siècle de troubles (guerre dite de Quatre-Vingts Ans, 1566-1648). L'indépendance de la Hollande se construisit ainsi sur un fond de lutte pour la liberté religieuse, contre l'Espagne catholique et son Inquisition. À la fin du XVIe siècle, le thème de l'Inquisition passe ainsi dans la culture des Églises réformées, porté par un culte des héros à la fois nationaliste et religieux.

Au XVIe siècle, dans le contexte des guerres de religions de l'époque, l'image d'une inquisition instrument d'une tyrannie catholique et ennemie de la liberté de pensée se développe à cette époque dans les milieux protestants à travers de nombreux pamphlets. En 1567, le protestant espagnol Antonio del Corro publie (sous le pseudonyme Reginaldus Gonzalvus Montanus) l'ouvrage Sanctae Inquisitionis Hispanicae Artes aliquot detectae ac palam traductae (exposé des pratiques de la sainte inquisition d'Espagne). « Montanus présente chaque victime de l'inquisition comme innocente, chaque inquisiteur comme vénal et trompeur, et chaque étape de la procédure inquisitoriale comme une violation des lois de la nature et de la raison ». Ce livre aura un énorme succès : réimprimé et traduit à de nombreuses reprises, il restera longtemps la référence absolue sur « l'inquisition » pour ses détracteurs. Une autre source notable sera l'Apologie de Guillaume de Nassau, publiée en 1581 par le huguenot Pierre Loyseleur de Villiers. La majorité des « faits » présentés sur l'inquisition à partir du XVIe siècle s'appuient sur de telles sources.

L'Angleterre du XVIIe siècle est à la fois protestante, en contact culturel et économique étroit avec la Hollande, et en lutte d'influence contre l'Espagne catholique. De plus, depuis 1533, elle baigne dans un anti-papisme officiel. Dans ce contexte, le thème de l'Inquisition trouve un nouveau relais dans les milieux protestants et nationalistes anglais[50]. D'historique, l'image devient alors mythique et polémiste. (On peut trouver un exemple précoce de cette relecture dans l'histoire et l'œuvre de Antonio del Corro(es).) La référence n'est plus alors celle de l'Inquisition hollandaise, mais une relecture de l'activité qu'avait eu l'Inquisition en Espagne au moment de sa mise en place. L'Inquisition devient un symbole repoussoir de la brutalité et des violences du catholicisme et de ses tortures, sous la responsabilité de l'Espagne et de la papauté. Ce symbole valorise par contraste la liberté et la libération apportées par le protestantisme, et justifie moralement la lutte contre le catholicisme aussi bien externe (guerre contre l'Espagne) qu'interne (persécutions religieuses en Irlande).
Voltaire

Le XVIIIe siècle est celui des Lumières, dont la philosophie se définit comme se démarquant de l'obscurantisme passé : la religion naturelle s'oppose au dogme traditionnel. L'idée de chercher la vérité à travers le libre exercice de la raison éclairée par le débat, portée par la noble ambition de former des hommes « libres et de bonnes mœurs », devient le programme de la franc-maçonnerie. Ce programme passe des loges anglaises, largement en symbiose avec l'Église d'Angleterre, et essaime en France, dans une élite intellectuelle qui commence à être déchristianisée. Ce qui se dit dans les loges est un secret difficilement accessible, mais il paraît « naturel » que le mythe de l'Inquisition ait été importé à cette occasion,[réf. souhaitée] et ait servi à illustrer les débats sur l'obscurantisme et la liberté. De fait, l'Inquisition devient à partir du XVIIIe siècle un thème récurrent du discours anticlérical[réf. nécessaire]. Voltaire la prend pour cible constante. Diderot la prend pour cible dans son Encyclopédie. Le thème de cette nouvelle image n'est plus la violence, mais la raison. L'Inquisition devient le symbole de l'obscurantisme, l'instrument par lequel l'Église impose un dogme par la violence.
Victor Hugo, 1883

Au XIXe siècle, le thème des lumières continue à vivre dans le discours anticlérical, et est de plus relayé par la vision que le romantisme a donné du Moyen Âge, dont l'image est reconstruite à cette époque (voir par exemple dans un autre registre le cas de Viollet le Duc). Le thème est porteur. Ainsi, Michelet publie en 1841 le Procès des Templiers, en 1862 La Sorcière ; Victor Hugo publie en 1882 un drame en quatre actes intitulé « Torquemada », et relate, dans Notre Dame de Paris, le sort d'Esméralda. Quelques années plus tôt, en 1867, le Don Carlos de Verdi, d'après Schiller, avait diffusé dans le public une image à la fois négative et emblématique avec le personnage du « Grande Inquisitore, cieco e nonagenario » (le « Grand Inquisiteur, aveugle et nonagénaire »). Ce genre de thème littéraire (se présentant parfois comme des œuvres historiques, voir Histoire de l'Inquisition en France) entretient et développe l'image d'une Inquisition atemporelle, barbare et oppressive, œuvre d'ecclésiastiques rigides et pervers.

Au début du XXe siècle, dans le journal catholique La Croix, Jean Guiraud compare, en la justifiant, l'action de l'inquisition à la lutte alors en cours contre les idées du bolchévisme, et relative ses excès en soulignant « (…) qu'en six siècles l'Inquisition a fait beaucoup moins de victimes que Lénine et Trotsky en trois ans »..

Au XXe siècle, l'Inquisition passe dans le vocabulaire courant, devenant un mot commun pour désigner un certain genre de persécution, hystérique, souvent collective et toujours spectaculaire. Le genre littéraire toujours actif se prolonge dans la bande dessinée, les jeux vidéo, où il s'affranchit de toute prétention à une quelconque vérité historique.

À la fin du XXe siècle, deux œuvres occupent une place à part. Dans son roman Le Nom de la rose (1980), Umberto Eco choisit pour personnage principal un ancien inquisiteur, Guillaume de Baskerville, qui fait office de détective élucidant une série de meurtres. Un an plus tard, dans son film La Folle Histoire du monde (1981), Mel Brooks se met lui-même en scène dans un sketch parodique qui représente l'inquisition sous la forme d'une comédie musicale.

L'Inquisition cesse peu à peu d'être présente dans le discours politique quotidien. En revanche, l'histoire de l'Inquisition reste un enjeu social : en tant que participant au « mythe fondateur », elle contribue à l'autojustification actuelle des mouvements qui furent anticléricaux aux XIXe et XXe siècles. Ce genre historique fusionne les thèmes des discours anticléricaux et romantiques du siècle précédent. Il y ajoute quelques touches plus modernes (une Inquisition au service d'une société totalitaire, une répression parfois antisémite) héritées des grands débats du XXe siècle.

Perception moderne de l'Inquisition

La superposition de ces mouvements et enjeux sociaux a certainement contribué à grossir les traits les plus noirs de la méthode de l'Inquisition : torture, dogmatisme, victime innocente, fanatisme, antijudaïsme, obscurantisme, etc. L'incursion de l'Inquisition dans le domaine du débat scientifique avec le procès de Galilée (1633) fut à l'origine de la réaction de Descartes et de sa philosophie mécaniste. La confusion entre vérités de foi et recherche d'un fondement scientifique posa un problème de méthode qui reste actuel. La revendication d'une certaine autonomie par Galilée est à l'origine du principe d'autonomie de la science, qui s'oppose aux méthodes jugées arbitraires de l'Inquisition.

Mais l'image négative de l'inquisition aujourd'hui ne s'explique pas uniquement par des combats historiques. Elle est aussi due aujourd'hui à une réaction très compréhensible du public moderne, contre une institution qui semble avoir pour caractéristique principale de s'attaquer à la liberté de penser, et de plus, par des méthodes évidemment condamnées aujourd'hui (le recours à la torture).

Cette image négative se double d'une crainte inconsciente d'être jugé par des hommes d'Église, ce qui fait quelquefois dire à certains que l'Inquisition existe encore à travers la Congrégation pour la doctrine de la foi (alors que l'Inquisition a disparu).

Le thème de l'Inquisition reste délicat à aborder. Il fait de nos jours l'objet de discours à forte charge affective. Le terrain a été historiquement miné par des enjeux anciens, qui ont construit telle ou telle représentation de l'Inquisition qui servait les intérêts de l'époque.

Sur le plan sémantique, les mots de la famille « Inquisition », « inquisitorial », etc. sont passés dans le langage courant avec une connotation très négative, et l'idée générale de quelqu'un qui fait subir un interrogatoire en règle sans en avoir le droit moral. L'image véhiculée par l'Inquisition est forte aujourd'hui dans l'imagination populaire, et est solidement enracinée.

Cependant, cette réaction contre la torture et pour la liberté de pensée conduit à faire à l'Inquisition un procès qui risque d'être fondé sur une double méprise : une image historiquement déformée, et une problématique d'éthique anachronique. L'Inquisition est à la fois une réalité historique, un thème extrêmement vivant de l'imaginaire moderne, et un thème classique des discours en faveur de la tolérance.
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MessageSujet: Chronologie de l'inquisition   Dim 22 Fév - 17:06

Chronologie de l'Inquisition

Répression de l'hérésie dans l'Empire romain

* Ier siècle : Dans ses épîtres, Paul de Tarse mentionne les premières divisions et querelles au sein des communautés chrétiennes primitives (Tit 3 :10, 1Tim 1 :20).
* IIe siècle : Irénée de Lyon rédige Réfutation de la prétendue gnose au nom menteur également appelé Contre les hérésies, qui est à la fois un manuel de vie chrétienne et informe sur les principales "déviances" de cette époque qui ne se nomme pas encore les hérésies.
* 287 : L'empereur Dioclétien décrète la mise à mort des manichéens, les chefs seront brûlés vifs. Ce précédent dans le droit impérial justifiera par la suite qu'on brûle les hérétiques.
* 313 : Constantin promulgue l'édit de Milan autorisant le christianisme dans l'Empire romain.
* 385 : L'évêque Priscillien, dont les thèses sont condamnées un synode de Saragosse en 380, est exécuté par l'empereur Magnus Maximus auprès duquel il avait fait recours à Trèves. Ce « meurtre » suscite à l'époque le scandale et la protestation de nombreux évêques parmi lesquels Ambroise de Milan et l'évêque de Rome Sirice.
* 407 : Contre le donatisme, la loi romaine assimile l'hérésie à un crime de lèse-majesté. À la même époque, Augustin d'Hippone et Jean Chrysostome s'opposent à l'usage de la violence dans la lutte contre l'hérésie.
* 556 : Exécution de manichéens à Ravenne par la justice de l'empire.

Hérésies de l'an mille

* 1000 : Expansion de l'hérésie manichéenne.
* 1022 : En France, Robert le Pieux fait condamner 13 hérétiques à être brûlés vifs.
* 1139 : Concile de Latran II. Anathème contre les ennemis de la Foi. Les hérétiques doivent être punis.
* 1148 : Arrangement de Vérone entre le Pape et l'Empereur : les hérétiques doivent être jugés par l'Église avant d'être remis au bras séculier.
* 1150 à 1200 : Forte expansion de l'hérésie cathare. Répression de l'hérésie par la collaboration de l'autorité civile et de l'évêque du lieu (Flandres, France, etc.). Les hérétiques sont brûlés et leurs biens confisqués. Une trentaine d'hérétiques sont brûlés en Angleterre par Henri II (1166). À cette époque, Bernard de Clairvaux rappelle que la foi ne doit pas être imposée. À Cologne et Liège, à la même époque, la foule veut brûler des hérétiques cathares emprisonnés, contre l'avis de l'évêque qui s'interpose.
* 1179 : IIIe concile du Latran ; anathème contre les Cathares. Acceptation de principe de la croisade contre les Albigeois, qui ne sera effectivement lancée que 30 ans plus tard. Interdiction est faite aux Vaudois de prêcher.

Inquisition médiévale
Exécution des Templiers

* 1199 : Le pape Innocent III assimile l'hérésie au crime de lèse-majesté défini dans le droit romain hérité de l'Antiquité dans la bulle Vergentes in senium[55].
* 1200 : Vers cette époque : promulgation de lois punissant de mort les hérétiques par l'empereur Frédéric II (1220), par Louis VIII en France (1226), par Raymond V de Toulouse (1229), Pierre II d’Aragon (1226), etc. Le bûcher devient la sanction usuelle contre les hérétiques.
* 1205 : Le pape Innocent III, dans sa bulle Si adversus vos, condamne ceux qui viennent à la défense des hérétiques, leur interdisant de fait le secours d'un avocat, voire de témoins à décharge.
* 1207 : Le pape Innocent III fait prêcher la croisade contre les albigeois. Elle prendra fin par le Traité de Paris (1229)
* 1213 : La décrétale Licet Heli permet d'appliquer la procédure inquisitoire contre les hérésies. Elle sera complétée par la décrétale Per tuas litteras.
* 1215 : IVe concile du Latran, qui reprend et met en ordre toutes les dispositions relatives à la procédure inquisitoriale.
* 1231 : Constitution Excommunicamus condamnant l'hérésie, excommunie les hérétiques, et officialisant les ordonnances du pouvoir temporel : la prison à vie pour les repentants, le bûcher pour les hérétiques récalcitrants.
* À partir de 1231 : Les premiers inquisiteurs sont désignés et missionnés par le Saint-Siège, qui fait des choix pour le moins malheureux. Le premier des inquisiteurs Conrad de Marbourg, nommé en 1231, sera assassiné en 1233. En 1235, Robert le Bougre est nommé inquisiteur de France. L'Inquisition est confiée aux dominicains, mais cette fondation a lieu après la mort de leur fondateur, opposé à toute forme d'action autre que la prédication et la persuasion verbale.
* 1232 : Suivant l'avis de son confesseur Raymond de Peñafort, Jacques Ier d'Aragon demande l'instauration d'une Inquisition en Aragon.
* avril 1233 : Bulle Ille humani generis : la compétence contre les hérésies est retirée aux tribunaux ecclésiastiques quand un tribunal d'Inquisition existe.
* 1234 : Les tribunaux d'Inquisition sont installés à Toulouse et Carcassonne. Ils sont confiés aux Dominicains.
* 1237 : Raymond VII de Toulouse obtient la suspension de l'Inquisition dans ses États.
* 1237 : À Carcassonne, répression particulièrement musclée par Ferrier, surnommé le marteau des hérétiques. Ce surnom sera plus tard donné à Torquemada et Antoine de Padoue.
* 1239 : En Champagne, Robert le Bougre fait brûler 180 personnes au Mont-Aimé, jugées en à peine une semaine.
* 1242 : Premier manuel de l'Inquisition, élaboré par Raymond de Peñafort.
* 1242 : Deux inquisiteurs, Guillaume Arnaud et Étienne de Saint-Thibéry, sont assassinés à Avignonet.

Une béguine (telle Marguerite Porete), imprimée à Lübeck en 1489

* 1244 : Fin de l'hérésie à Montpellier, le tribunal de l'Inquisition y est supprimé.
* 1246 : Innocent IV veut suivre de près et intervient dans le fonctionnement des tribunaux d'Inquisition, ce qui cause des frictions (voir Inquisition médiévale).
* 1249 : Sans passer par le tribunal de l'Inquisition, Raymond VII de Toulouse fait brûler quatre-vingts hérétiques en sa présence, sans leur permettre de se rétracter.
* 1250 : L'Inquisition (inquisitio hereticæ pravitatis) est en place et fonctionne dans toute l'Europe occidentale.
* 1252 : Pierre de Vérone, qui sera surnommé « Pierre Martyr », est assassiné en Italie. Il est canonisé un an plus tard.
* 1252 : Innocent IV promulgue la bulle Ad extirpanda autorisant l'usage de la question dans les enquêtes de l'Inquisition. Cette autorisation est confirmée en 1259 (Alexandre IV) et 1262 (Clément IV), date à laquelle les inquisiteurs sont finalement autorisés à assister à la question.
* 1254 : Innocent IV renouvelle l'interdiction faite aux autorités civiles d'emprisonner ou de brûler les hérétiques sans l'avis de l'évêque du lieu, interdiction souvent rappelée par la suite.
* 1255 : Innocent IV prescrit l'usage des boni viri.
* 1255 : Les dominicains s'établissent à Toulouse.
* 1261 : Le témoignage des hérétiques et apostats est officiellement admis devant les tribunaux de l'Inquisition.
* 1273 : Thomas d'Aquin dans la Somme théologique considère que la peine de mort peut être légitimement employée pour assurer le maintien de l'ordre public, y compris contre les hérésies.
* 1278 : Deux cents Cathares sont brûlés à Vérone.
* 1286 : Plainte du consul de Carcassonne au roi de France sur la cruauté des inquisiteurs du lieu.
* 1300 : procès et éradication des Guillelmites à Milan
* 1301 : Philippe IV le Bel prend prétexte des excès de l'Inquisition pour reprendre la main sur le fonctionnement de ces tribunaux.
* 1306 : Clément V ordonne une enquête sur le fonctionnement de l'Inquisition dans le sud de la France.
* 1307 : les premiers Templiers sont brûlés sur ordre de Philippe le Bel.

Jean Hus sur le bûcher.

* 1308 : Bernard Gui est nommé inquisiteur de Toulouse.
* 1310 : Marguerite Porete, dite Marguerite des Prés est brûlé pour hérésie, auteure mystique et chrétienne du courant des béguines, née vers 1250, brûlée avec son livre Le Miroir des âmes simples et anéanties….

* octobre 1311 - mai 1312, le concile de Vienne, est convoqué par le pape Clément V, pour statuer de l'Ordre du Temple.

* 1312 : Constitutions Multorum querela et Nolentes sont promulguées lors du concile de Vienne, exigeant le contrôle de l'évêque du lieu pour tous les actes importants de la procédure de l'Inquisition.
* 1314 : les Maîtres Templiers sont brûlés pour hérésie sodomie, etc.
* 1317-1322 : Années terribles pour les Spirituels et les Béguins, considérés comme hérétiques, ceux-ci sont poursuivis, jugés et nombre d'entre eux sont livrés au bûcher
* 1321 : Le dernier dignitaire cathare, Guillaume Bélibaste, est brûlé à Villerouge-Termenès, par l'Inquisition de Carcassonne.
* 1324 : Jean de Beaune, inquisiteur de Carcassonne.
* 1326 : L'archevêque de Cologne intente un procès en Inquisition contre le théologien dominicain Jean Eckhart.
* 1328 : Dernier hérétique brûlé à Carcassonne.
* 1400 : La fonction d'inquisiteur devient progressivement un titre accessoire ou honoraire.
* 1415 : Jean Hus est brûlé pour hérésie.

XVe siècle et Inquisition espagnole [modifier]

* 1478 : Isabelle la Catholique obtient du pape Sixte IV la bulle créant l'Inquisition espagnole. Elle est mise en place et commence à fonctionner en 1480, les inquisiteurs étant nommés par les souverains.
* 1481 : Organisation des premiers Auto da fé
* 1482 : Dans un bref du 29 janvier, Sixte IV condamne les excès de l'Inquisition espagnole.
* 1483 : Torquemada est nommé par le pape grand inquisiteur d'Espagne. Il publie son code de l'inquisiteur en 1484. Sa rigueur suscite de nombreuses protestations et l'intervention de Sixte IV.
* 1484 : Innocent VIII promulgue la bulle Summis desiderantes affectibus autorisant l'Inquisition à agir en matière de sorcellerie.
* 1486 Parution du Marteau des sorcières (malleus maleficarum) des inquisiteurs Henri Institoris et Jacques Sprenger et début de la chasse aux sorcières
* 1492 : Décret d'expulsion des juifs d'Espagne (Décret de l'Alhambra, resté officiellement en vigueur jusqu'en 1967).

XVIe siècle, Réforme et Renaissance [modifier]

* 1512-1517 : Ve concile du Latran. Les livres imprimés doivent être soumis à l'avis de l'Église (voir 1559).
* 1520 : Organisation de l'Inquisition espagnole aux Pays-Bas espagnols.
* 1523 : Premiers martyrs de la Réforme aux Pays-Bas espagnols.
* 1525 : L'Inquisition espagnole commence à poursuivre les illuministes et se défie des mystiques. Les mystiques espagnols seront souvent inquiétés par l'Inquisition : c'est le cas de Thérèse d'Avila et de Jean de la Croix, futurs docteurs de l'Église.
* 1531 : L'Inquisition est établie au Portugal par autorisation du pape Clément VII.
* 1542 : Création du Saint-Office à Rome, cour d'appel pour les jugements concernant les hérésies et la foi, et tribunal des causes réservées au pape. Il est à l'origine de l'Inquisition romaine.
* 1550 : Le théologien réformateur Heinrich Bullinger déclare à Genève que l'hérésie peut être punie de la peine de mort, comme le meurtre ou la trahison.
* 1559 : Création de l’Index par le Saint-Office de Rome. Le premier index espagnol, dit de Valdès, est publié quelques mois plus tard : il incorpore de nouvelles œuvres, en particulier en langue romane : sur 670 ouvrages interdits, 170 sont en langue vulgaire.
* 1559 : L'Inquisition espagnole anéantit brutalement les noyaux protestants d'Espagne par une série d'autodafé (1559-1563).
* 1563 : Publication de The Book of Martyrs, de John Foxe, un martyrologe protestant qui donnera une consistance durable aux représentations anti-catholiques en Grande-Bretagne (bûchers, tortures, etc.).
* 1568 : Début de la guerre de Quatre-Vingts Ans aux Pays-Bas espagnols.
* 1600 : L'Inquisition romaine condamne le dominicain Giordano Bruno à être brûlé vif.
* 1601 : Raymond de Peñafort est canonisé.
* 1605 : Dans son fameux roman, Miguel de Cervantes met en scène un Don Quichotte poursuivi par l'Inquisition (et l'Inquisition espagnole ne l'inquiète pas particulièrement).
* 1616 : Les idées de Copernic sont condamnées par le Saint-Office, Galilée doit cesser d'enseigner ses thèses.
* 1633 : Condamnation des thèses de Galilée, qui se voit assigné à résidence.

XVIIIe siècle et XIXe siècle

* 1717 : Fondation de la Grande Loge d'Angleterre, début de la franc-maçonnerie moderne.
* 1759 : Voltaire dénonce les excès de l'Inquisition dans Candide.
* 1781 : Dernière exécution par le feu : béate condamnée au bûcher le 7 novembre 1781 à Séville.
* 1808 : Le roi d'Espagne Joseph Bonaparte abolit l'Inquisition d'Espagne.
* 1814 : L'Inquisition est rétablie en Espagne par Ferdinand VII.
* 1815 : Publication des Lettres à un gentilhomme russe sur l'Inquisition espagnole par le comte Joseph de Maistre.
* 1817 : Llorente publie l’Histoire critique de l'Inquisition en Espagne.
* 1820 : L'Inquisition espagnole est supprimée de fait par la révolution espagnole, mais reste inscrite dans les textes[56].
* 1823 : À la restauration, Ferdinand VII ne remet pas en vigueur l'Inquisition.
* 1829 : Publication de Histoire de l'Inquisition en France, qui s'avérera être un document purement fantaisiste[57].
* 1831 : Victor Hugo publie Notre-Dame de Paris.
* 1834 : L'Inquisition espagnole est définitivement abolie.
* 1841 : Jules Michelet publie Le Procès des Templiers.
* 1862 : Michelet publie La Sorcière.
* 1880 : Dostoïevski présente « le grand inquisiteur » dans Les Frères Karamazov.
* 1882 : Victor Hugo publie Torquemada, drame en quatre actes.

Période contemporaine

* 1965 : La congrégation du Saint-Office est remplacée par la congrégation pour la Doctrine de la Foi, compétente pour ce qui touche aux points de doctrine aux mœurs.
* 1966 : Dissolution de l'Index.
* 1981 : Le cardinal Ratzinger est nommé à la tête de la congrégation pour la Doctrine de la Foi.
* 1992 : Sous la présidence du cardinal Ratzinger, repentance de l'Église catholique qui reconnaît ses erreurs dans l'affaire Galilée[58].
* 1998 : Premiers travaux de recherche sur l'Inquisition initiés par le Vatican[59].
* 2000 : Sous la présidence du cardinal Ratzinger, repentance officielle de l'Église catholique contre les excès de l'Inquisition[58].
* 2004 : Premiers résultats de l'étude menée par le Vatican sur l'Inquisition et réactions.
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Gauti
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MessageSujet: Re: L'inquisition(01)   Dim 22 Fév - 17:21

Plagiat: d'après wikipédia http://fr.wikipedia.org/wiki/Plagiat
Le plagiat consiste à s'inspirer d'un modèle que l'on omet délibérément de désigner. Le plagiaire est celui qui s'approprie frauduleusement le style, les idées, ou les faits.

Le langage courant ne distingue pas en pratique entre le plagiat, qui relève de l'appréciation esthétique ou morale, et la contrefaçon, terme juridique, qui est un délit contre le droit d'auteur. Juridiquement, le droit d'auteur ne protège que la forme accomplie d'une oeuvre; tandis que l'idée qui l'a inspirée et le style qui l'a mise en forme, ainsi que les informations elles-mêmes, restent « de libre parcours ».

Cependant, la limite entre l'inspiration, l'imitation et la contrefaçon est parfois très difficile à déterminer. La meilleure façon de s'affranchir d'une accusation de plagiaire est de citer systématiquement les sources sur lesquelles on a appuyé son travail, ce qui est obligatoire quand on s'appuie sur le droit de citation.

Un peu d'histoire
Les premières attentions portées au plagiat, perçu comme un phénomène préjudiciable, sont issues du monde littéraire. En matière intellectuelle tout le monde copie tout le monde. Mais le plagiat va au-delà : le plagiaire tente d'usurper une gloire indue en s'appuyant sur l'œuvre d'un autre auteur.

Le terme plagiaire semble apparaître pour la première fois dans les épigrammes du poète satirique Martial qui se plaint à un ami que ses oeuvres ont été appropriées par un autre et sont en servitude pénible, en rappelant quel est le véritable auteur : « tu ramèneras le plagiaire à la pudeur » (impones plagiario pudorem).[1]

Diderot qualifiera d’ailleurs le plagiat comme étant « le délit le plus grave qui puisse se trouver dans la République des Lettres ».

Ce n'est qu'au XVIIIe siècle que le droit d'auteur se forme dans sa conception moderne, et que le plagiat devient juridiquement distinct de la contrefaçon.

Le terme prend son sens au XIXe siècle, et désigne alors les œuvres dont le caractère original n’est pas jugé suffisant pour les faire entrer dans la littérature. Avec le temps et le développement de l’impression à grande échelle, le plagiat n’empiète plus seulement sur les terrains de l’originalité ou de la moralité, mais également sur celui de la propriété.


Le plagiat et l'éducation [modifier]
Il est souvent demandé aux étudiants de produire un texte sur un sujet. Par fainéantise, par ignorance, par volonté délibérée de tricher ou par crainte de ne pas faire assez bien, certains d'entre eux sont tentés de chercher un document (en général via un moteur de recherche) et de le rendre directement à l'enseignant sans citer la source. L'enseignant considère à juste titre ce comportement comme une faute assimilée à un plagiat. Un travail plagié peut entraîner une note nulle et la mention PL dans le bulletin. Comme un élève ne copie pas nécessairement l'intégralité d'un texte, il reste difficile de le sanctionner proportionnellement. Ce phénomène a d'ailleurs atteint une dimension qui a entrainé une prise de conscience et une volonté systématique de lutter contre cette pratique[2]. Une autre démarche consiste à partir de ce cas pour construire un cours sur l'usage des citations[3]


Outils pour lutter contre les plagiats [modifier]
Pour détecter un éventuel plagiat, la première solution consiste à chercher sur un moteur de recherche des mots ou des phrases clés du texte en question, afin de voir si l'on retrouve un texte potentiellement plagié.

Plusieurs logiciels facilitant la détection du plagiat sont en outre apparus ces dernières années.

Liste wikipédia de services et logiciels gratuits de détection du plagiat.

Tout ça pour dire que le plagiat n'est pas bien vu ici, les gens peuvent rechercher eux même sur wikipédia, voila le lien vers l'article que tu as mis sur ce forum.
http://fr.wikipedia.org/wiki/Inquisition

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MessageSujet: Re: L'inquisition(01)   Dim 22 Fév - 17:41

Wikipédia
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Wikipédia est une encyclopédie multilingue, universelle, librement diffusable, disponible sur le web et écrite par les internautes grâce à la technologie wiki. Elle a été créée en janvier 2001 et est devenue un des sites web les plus consultés au monde. Elle est hébergée par une association caritative américaine, la Wikimedia Foundation. Les règles et conventions d'écriture sont définies indépendamment dans chaque langue par les internautes, seuls quelques principes fondateurs étant partagés.


Projet Nupédia
Wikipédia est à l'origine issue de Nupédia.

Wikipédia est issue de Nupédia, projet d'encyclopédie libre en ligne fondée en mars 2000 par Jimmy Wales et soutenue par la société Bomis (dont Jimmy Wales est l'actionnaire majoritaire), qui participa au montage financier du projet et qui engagea à temps plein Larry Sanger, au titre de rédacteur en chef. Nupédia fonctionnant avec un comité scientifique, sa progression se révéla lente et, en janvier 2001, à cause de la frustration occasionnée par cette lenteur de progression, Larry Sanger proposa la création d'un wiki afin d'accroître la vitesse de développement des articles. Cette idée de mettre en application le format wiki pour élaborer une encyclopédie a germé à la suite d'une conversation que Larry Sanger eut avec le programmeur Ben Kovitz, qui lui expliqua le concept des wikiwiki lors d'un repas à San Diego, le matin du 2 janvier 2001. Larry Sanger proposa alors à Jimmy Wales d'allier le potentiel du format wiki à la mise en place d'une encyclopédie plus souple, ce qui donna lieu à la création de Wikipédia.

Jimmy Wales intervint fin 2005 sur l'article de Wikipédia en anglais consacré à Wikipédia, pour retirer l'information selon laquelle Larry Sanger en était cofondateur, puisque Sanger a toujours été un salarié. Cela donna lieu à de nombreux articles dans la presse anglophone, ainsi qu'à des images humoristiques sur le sujet[2].

Projet Wikipédia
Jimmy Wales, l'un des deux cofondateurs de Wikipédia

Fondée par Jimmy Wales et Larry Sanger, Wikipédia vit le jour en anglais le 15 janvier 2001. La Wikipédia en français fut officiellement fondée le 23 mars 2001. Elle fut la première version de Wikipédia dans une langue autre que l’anglais, suivie par les versions en allemand et en catalan, puis par d’autres en environ 250 langues dont environ 200 sont actives en 2009.

À partir de ce moment, Larry Sanger travailla parallèlement à Nupedia et à Wikipédia pour laquelle il participa à l'élaboration de la plupart des règles de fonctionnement. Suite à la suppression en février 2002 du budget de Bomis alloué à la rétribution de son travail pour Nupedia et Wikipédia, Larry Sanger démissionna officiellement le 1er mars 2002 de son titre d'éditeur en chef de Nupedia et de ses fonctions d'organisateur en chef de Wikipédia (voir sa lettre). Pendant l'année suivant son départ, Nupedia cessa ses activités en raison de la lenteur de sa progression. Nupedia fut définitivement fermée le 26 septembre 2003 tandis que Wikipédia, elle, continuait son expansion.

Dès lors, le projet Wikipédia opéra par consensus, utilisant les règles et recommandations adaptées au cours du temps par les contributeurs. Le 20 juin 2003, la Fondation Wikimedia, http://wikimediafoundation.org, fut créée pour financer le soutien technique aux différents projets de Wikipédia. Les règlements généraux de la Fondation Wikimédia furent établis en janvier 2004.
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MessageSujet: Re: L'inquisition(01)   Mer 25 Fév - 13:05

Pour ceux et celles qui désireraient passer inaperçus en faisant des copier-coller de wikipedia : plusieurs conseils :

- supprimer les trucs vraiments flag, du genre les [modifier]
- de pas trop en poster, ça fait louche
- essayer de noyer le copier-coller dans une réflexion personnelle, pour qu'on ait l'impression d'un message constructif qui s'insère dans un dialogue possible
- le mieux, enfin, c'est de ne pas poster le copier-coller. Si on y tient vraiment, autant faire l'effort de reformuler.

Enfin, je l'ai déjà dit pour quelqu'un d'autre, se méfier de wikipedia comme de la peste ; si l'on y trouve parfois des choses justes dedans, ça pourrait bien être l'effet du hasard...

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MessageSujet: Re: L'inquisition(01)   Mer 25 Fév - 22:59

Je ne suis pas tout à fait d'accord avec toi Godefroy Wikipedia c'est le bien, il faut juste aller dans les parties discussions pour vérifier ce dont on doute, par exemple la partie sur la mythologie scandinave est marquée par le "sceau de qualité spécial Gauti".

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